28 sept. 2016

Mapuche - Caryl Férey - 2012

Dans les bas fonds de Buenos-Aires un travesti est retrouvé mort et torturé. Jana, une jeune fille mapuche proche de la victime va chercher un détective, Ruben, pour l'aider à résoudre cette enquête qui n'intéresse pas beaucoup les services de police. Ruben travaille sur la disparition de Maria Victoria Campallo, la fille d'un éminent business man impliqué dans la campagne électorale du maire. Ces deux affaires que rien ne lie à priori, vont se rejoindre et trouver leur origine dans les crimes perpétrés 30 ans plus tôt lors du coup d'état. S'engage alors une course poursuite entre notre détective accompagné de Jana, et ces vieux criminels de guerre.
 
couverture de Mapuche de Caryl Férey

 
C'est un pur thriller/policier, on en apprend pas beaucoup sur le peuple Mapuche au final, à part qu'il est marginalisé dans la société Argentine au même titre que d'autres catégories de la population.
Par contre, Caryl Férey exploite bien l'histoire des bébés volés lors de la dictature Argentine et qui a fait l'objet d'un procès porté par les célèbres Grands-Mères de la Place de Mai. Si vous voulez en savoir plus sur cette page noire de l'histoire argentine je vous invite à voir le documentaire "Les 500 bébés volés de la dictature" ou à lire Luz ou le temps sauvage que j'avais adoré et dont je fais référence à la moindre occasion.
 
Il faut dire que dans le genre thriller, ça marche du tonnerre. Je suis arrivée à la fin de certains chapitres complètement essoufflée, tellement l'action est intense. L'histoire avance vite, les rebondissements sont multiples. Certains passages sont très violents et malheureusement assez réalistes. Je suis quelqu'un de particulièrement sensible mais j'imagine que tous les lecteurs auront été bouleversés à la fin du chapitre 11 de la partie II.
 
Mapuche est un excellent thriller que je suis contente d'avoir sorti de ma PAL dans laquelle il stagnait depuis 1 an et demi.
 





22 sept. 2016

Lettres à sa fille - Calamity Jane - 2007

Ce petit recueil reprend des lettres que Martha Canary, alias Calamity Jane a écrit à sa fille mais n'a jamais envoyé. Calamity Jane a eu une fille avec Wild Bill Hickok mais l'a donné pour adoption à la mort de ce dernier. C'est son ami Jim O'Neil qui a receuilli la petite à ses 1 an et qui l'a élevée comme sa propre fille.

Ces lettres ont été compilées dans ce recueil, qui a été publié pour la première fois dans les années 70 puis à nouveau récemment agrémenté de nouvelles annotations et nouvelles lettres.



Calamity Jane est une cow-girl hors pair mais ce n'est pas une grande écrivaine. Cet ensemble de lettres est plutôt écrit comme un journal intime étant donné que Calamity n'a pas l'intention de transmettre ces échanges de son vivant. Elle écrit comme elle parle, elle est très dans l'émotionnel et dans l'instant. Son récit est déconstruit et elle passe facilement du coq à l'âne. Ce style me semble aussi exacerbé par la traduction littérale des lettres.

Il ne faut donc pas s'attarder sur la forme mais plutôt sur le fond. On y découvre une femme forte mais qui ne trouve pas sa place dans la société dans laquelle elle vit. Ses frasques, sa mentalité et son accoutrement l'excluent de la communauté. Elle ne s'entend pas avec les femmes de Deadwood, où les habitants la prennent pour une folle qui les amuse mais dont ils se méfient quand même. Elle montre par moment un caractère rustre et à d'autres une sensibilité et un altruisme débordant.

La maternité n'est pas compatible avec son mode de vie, mais on sent que cette séparation lui a causé beaucoup de peine. Elle démontre un amour inconditionnel pour sa fille même si elle ne peut en assumer la responsabilité elle même. Elle est extrêmement fier de l'éducation qu'elle a reçu de son père adoptif qui lui a donné des opportunités que Calamity n'aurait jamais pu lui offrir.

Ne lisez pas ce livre pour la qualité de la plume de Calamity mais pour découvrir un beau témoignage d'un personnage en marge de sa société et qui ne se conforme pas aux codes édictés.


Challenge Petit Bac : Lettre isolée

15 sept. 2016

Stay behind - Frédéric Saenen - 2014

En vacances en Bretagne j'ai emporté dans mes valises ce petit bouquin 100% belge. Ce fut un beau coup de cœur pour ce titre, son auteur et la maison d'édition.

L'histoire :
Mickael a été élevé par son parrain, Rudy, suite à la mort tragique de ses parents dans un accident de voiture. Rudy, atteint d'un cancer en phase terminale demande à son filleul d'enregistrer ses dernières confessions. Mickael va alors découvrir le passé plus que tumultueux de son tuteur qui rejoint l'actualité brûlante des tueurs du Brabant qui ont sévis dans les années 70 en Belgique.

Ce que j'en ai pensé :
J'ai beaucoup aimé cette lecture. Le récit m'a tenu en haleine jusqu'aux dernières pages car on ne sait pas ce que Rudy va nous dévoiler. C'est un livre plein de belgitude tant par les lieux et les évènements décrits que les expressions utilisées. Enfin, j'ai adoré le côté un peu sombre de l'histoire, cette ambiance un peu morose que j'avais aussi trouvé dans Elephant Island de Luc Baba.

Pourquoi j'ai choisi de lire ce livre :
J'ai choisi ce livre lors de mon passage à la Foire du Livre de Bruxelles en début d'année. Je cherchais un livre d'un auteur belge et en passant devant le stand des éditions Weyrich, j'ai trouvé mon bonheur. Mais pour une raison inconnue, j'ai tardé à le lire de peur d'être déçue. Les vacances m'ont permis de piocher quelques bouquins de ma PAL dont celui-ci, et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai finalement lu.

 
Belle découverte d'un auteur à retenir. Si vous passez par la Foire du Livre de Bruxelles l'année prochaine n''hésitez pas à faire un détour du côté du stand des éditions Weyrich et à découvrir leur collection Plume du Coq pour un plongeon en Wallonie.
 
 
 
Challenge Petit Bac 2016 : voyage
 
 

14 sept. 2016

La variante chilienne - Pierre Raufast - 2015

Pascal, professeur de littérature, et Margaux, son étudiante, se réfugient le temps des vacances d'été dans un gîte isolé. Ils se lient alors d'amitié avec Florin qui occupe la maisonnette voisine. Suite à un accident survenu dans son enfance, Florin a perdu la capacité de s'émouvoir. Or ce sont les émotions qui nous permettent de fixer nos souvenirs. Afin de conserver sa mémoire, Florin attache chaque souvenir qu'il souhaite garder à un cailloux qu'il range alors précieusement dans d'innombrable bocaux étiquetés par année.
Chaque soir Florin divertis ses hôtes en piochant dans ses bocaux et en racontant l'anecdote qui se rapporte au cailloux pioché.




La complicité entre les trois personnages est attendrissante. En lisant la 4ème de couverture qui parlait d'un gars qui collectionnait ses souvenirs dans des bocaux, je m'attendait à quelque-chose de féérique - magique, mais il s'agit d'une histoire très terre-à-terre au contraire.
Penser que si un évènement ne nous a pas ému il ne peut devenir un souvenir me semble d'une logique implacable et me rappelle qu'il faut absorber pleinement son environnement, son entourage et les évènements auquel on prend part.

J'ai eu envie de les accompagner en terrasse et partager leur repas, leur bon vin et leurs histoires.

C'est un petit bouquin qui, comme l'a dit Daphné du blog Tant qu'il y aura des livres est : "un bonbon dont on se délecterait calmement".

Très belle lecture qui m'a été inspirée par la multitude d'avis positifs sur la blogosphère.

23 août 2016

Pietra Viva - Léonor de Récondo - 2013

Après avoir lu Rêves oubliés, j'avais envie de retrouver la plume élégante de Léonor de Récondo.

Pietra Viva raconte l'histoire de Michel-Ange, durant l'année qu'il a passé à Carrare pour chercher le marbre nécessaire à la réalisation du tombeau du pape Jules II qui lui en a fait la commande. Cependant ce n'est pas un roman historique mais plutôt philosophique à mon sens.
 
Cenotaphe de Jules II
 
Léonor de Récondo aborde ici le thème de la mort et celui du deuil. Après avoir perdu sa mère à un très jeune âge et Andrea, un jeune prêtre objet de son affection, Michel-Ange se sent abandonné par les personnes qu'il aime et choisi de vivre ce deuil seul et en silence. Il se plonge dans son travail et repousse toutes les personnes qui tentent de se rapprocher de lui. La solitude est son refuge. Seul Michele, un jeune garçon qui a aussi perdu sa mère parvient à passer au-delà de la mauvaise volonté du sculpteur et à échanger avec lui.

 
 
Les tourments de Michelangelo m'ont beaucoup émus dans ce livre et certains passages m'ont rappelé des moments de deuil dans ma vie personnelle. Je ressors vraiment touchée par cette lecture et manquerai pas de poursuivre ma découverte de l'œuvre de Léonor de Récondo. D'ailleurs, "Amour" attend déjà que je le pioche de ma bibliothèque.

19 août 2016

Le collier rouge - Jean-Christophe Rufin - 2014


C'était ma première lecture de Jean-Christophe Rufin que j'avais envie de lire depuis quelques années. J'ai lu "Le collier rouge" d'une traite pendant mon trajet de train de Londres à Sunderland (où j'ai été rendre visite à ma famille et profiter du Sunderland Air Show).

 
 
Le collier rouge est un récit émouvant qui lie un prisonnier, ancien combattant de la guerre 14-18 et son chien qui ne le quitte plus depuis son départ au front. Jusqu'aux dernières pages on ne sait pas exactement pourquoi Jacques Morlac est le dernier prisonnier restant dans la prison du village. Ce détail m'a fait penser "au dernier jour d'un condamné" de Victor  Hugo qui s'avère justement être l'auteur favoris de Morlac. Au fil des interrogatoires menés par le juge Lantier du Grez on fini par comprendre ce qui a poussé Morlac au crime et ce qui le lie à ce chien qui ne le quitte plus. Le collier rouge est un livre qui parle d'honneur et de loyauté et qui pose une question intéressante : "Qui a le plus d'humanité au final ? Morlac ou son chien ?"
 
C'est un petit bouquin simple et efficace, sans fioriture mais terriblement touchant. J'ai vraiment apprécié la plume de M. Rufin que je continuerai à lire avec plaisir, et pourquoi pas avec "Immortelle Randonnée" le récit de son pèlerinage à St-Jacques de Compostelle.




Challenge Petit Bac 2016 : Couleur

Ouragan - Laurent Gaudé - 2010

Dans ce livre, Laurent Gaudé nous amène à la Nouvelle-Orléans lors du passage de l'ouragan Katrina qui a frappé en août 2005. C'est à travers le regard et le ressenti de 5 personnes qu'on vit cette catastrophe.

Ce roman témoigne d'une situation précaire pour la grande communauté noire de la Nouvelle-Orléans et sa banlieue. Dans l'indifférence la plus totale, la centenaire, Josephine Linc. Steelson qui a déjà vécu un siècle de ségrégation, ne s'en remet qu'à elle-même pour s'en sortir tandis que le pasteur désœuvré s'en remet à Dieu et les évadés, eux, font leur propre loi.


L'ouragan frappe sans distinction. Femmes, enfants, vieillards mais ce sont les indigents qui sont les plus démunis face aux éléments.

 

J'ai visionné il y a quelques mois plusieurs documentaires sur l'ouragan Katrina. Le déroulement des évènements était encore frais dans ma tête. Mais ce récit m'a permis d'humaniser cette catastrophe de manière plus forte encore que n'importe quelle image. Ce qui était frustrant c'est de voir à quel point les premiers secours ont mis du temps à arriver, c'était le chaos total dans l'organisation, alors que les vivres étaient stockés en préparation à ces évènements qui certes, ont pris une ampleur inattendue.
 
J'ai directement accroché au style avec les changements réguliers de narrateur qui nous tiennent en haleine. Je me suis sentie très proche de tous les personnages, comme si j'étais vraiment à leur côté.
 
Je ne suis pas déçue de cette première lecture et j'ai hâte de découvrir d'autres œuvres de Laurent Gaudé. "Eldorado" attend déjà dans ma PAL.